Comme vu précédemment, décision à été prise d'effectuer le tour de l'Ile du Sud dans le sens inverse des aiguilles d'une montre, en remontant par le nord, en traversant vers la côte ouest, puis descente au sud et direction l'est de l'île, et enfin retour sur Christchurch.

Nous partons donc pour notre première journée de notre trip. Notre objectif pour la journée, skier à Porters et dormir à Arthur's Pass.

Départ tôt le matin, on emprunte la West Coast Road (#73) pour se rendre compte que les autoroutes n'existent pas en Nouvelle Zélande (excepté vers Oakland ou Wellington), du coup on est de suite dans la campagne sur des routes types nationales voire départementales ... On traverse des villages et encore des villages : pas grand monde sur les routes, on est en hiver et croiser une voiture est assez rare.

Après la plaine, on accède aux premières montagnes et au premier col, la neige commence à tomber sur une route où les flocons commencent à tenir, présentiment d'une bonne journée niveau neige mais pas forcément coté visibilité.

La station de Porters

Au détour d'un virage, on arrive à la bifurcation qui emmène sur la station de Porters, on est de suite dans l'ambiance : une barrière en bois, ouverte (ouf !), un panneau Porters, une route en terre gorgée d'humidité qui s'enfonce vers la montagne. Malgré tout on s'engage, lol... Plus on avance, plus la neige est intense, si bien que très rapidement la route est complétement blanche, le vent souffle et le brouillard tombe, question visibilité on a connu mieux.

Très vite on arrive à un parking où deux personnes du staff de la station nous oblige soit à monter dans la navette, soit de chaîner. On opte pour la deuxième option, la Subaru étant munie de quatre roues motrices et surtout de chaines japonaises, ultras simples à installer, elles feraient un carton chez nos amis belges dans la montée d'Huez ... Bref, deux minutes chronos plus tard, nous voila repartis à l'assaut de la station. C'est vraiment roots, la route est glacée et il est très difficile de se croiser : on flippe un peu mais Gwilhem est un bon pilote, on arrive à la station entiers.

Premièrs contacts avec une stations néo-zélandaise : un parking et trois préfabriqués, un pour les skipass, un pour la location du matériel (et quel matériel), un pour le restaurant, sans doute le plus complet des trois... Le parking est desert, vu le temps on comprend.

La visibilité est quasi nulle, on hésite à prendre un forfait, direction le bar pour se réchauffer et se restaurer : le bar est plein de monde, toute la station est là, le staff, les compétiteurs japonais qui s'entrainent en NZ (ils sont très nombreux, en été c'est l'inverse, les néo-zelandais s'envolent pour le Japon).

Petit tour ensuite dans la cabane qui fait office de location de ski, et premiers contacts avec le matériel de ski néo-zélandais. Ne comptez pas trouver une paire de fat dans cette cabane, on y trouvera au mieux une paire d'Atomic Beta Ride du début des années 2000 et une paire de Salomon monocoque "plasique et vide inside" qui nous poursuivera dans pas mal de stations ... Si vous souhaitez skier en Nouvelle Zélande, prenez vos skis si vous le pouvez.

Le temps n'est pas au beau fixe, mais on sent que la couverture nuageuse n'est pas très épaisse, et puisqu'on a pas fait le voyage pour rien, direction le skipass et les pistes. Premier contact avec la neige : malgré les chutes de neige récentes, la neige est froide, compacte et dure. Ca crisse sous les skis, les premières descentes se font en mode dérapage, les vieux Atomic ne permettant pas de faire mieux.

La station est minuscule, 3 remontées mécaniques, 3 Tbar comme on les appele qui vous montent successivement vers le haut du domaine. Autant le dire, on y voit rien et cette première journée est assez décevante.

Sauf que ...

Le temps change vite en Nouvelle Zélande, et nous allons en faire l'agréable expérience. Alors que les moins téméraires d'entre nous commencaient doucement à se diriger vers le bar, la couverture nuageuse se disperse, faisant apparaitre progressivement le fond des vallées, puis les sommets. L'occasion pour nous de monter jusqu'au top de la station (ah tiens y'a un poste de secours ici, on l'avait pas vu !), de faire quelques pas jusqu'au sommet de la crête, et de tomber sur ce genre de panorama :

Aie aie les yeux, ça pique. Pas de doute, nous sommes au bout du monde ....

Vu sur Coleridge Lake

Sommet de Porters et vue vers la Vallée direction Arthur's Pass

Avec un peu plus de temps, les possibilités hors pistes sont facilement accessibles et infinies

L'une des particularités de Porters est Big Mama, près de 600 mètres de dénivellé (oui oui, 600 mètres) ce qui en fait l'un des plus grand dénivellé de la Nouvelle Zélande. Ni une ni deux, on s'aventure vers cet itiniéraire, très facile d'accès et vierge vu le nombre de skieurs du jour. Bon la neige n'est pas exceptionnelle, on va dire un petit 20 cm de frais sur de la neige dure, sculptée par le vent, mais la sensation de liberté et des premiers runs en Nouvelle Zélande en font un très bon souvenir.

Après deux runs sur Big Mama, il est déjà l'heure de fermeture, on en profite pour faire connaissance sur le parking avec les keas, sympathiques oiseaux se rapprochant des perroquets, toujours prêts à vous bouffer les essuis-glaces, pas farouches pour un sou.

Redescente en vallée, on grille tout le monde sur le parking pour retirer nos chaînes, et nous voilà en route vers Arthur's Pass où nous allons passer la nuit. En route, nous passons par Castel Hill, un très bon spot pour les grimpeurs, entrée dans Arthur's Pass National Park, puis Arthur's Pass, village de moins de 100 habitants, première étape de notre trip.


Notre itinéraire